Sainte-Anne-des-Monts

Nous voilà!

Viree2021_Banner_FB_v032.jpg

Sainte-Anne-des-Monts

La ville de Sainte-Anne-des-Monts est établie autour de la rivière Ste-Anne, sur la péninsule gaspésienne, entre l’estuaire maritime du Saint-Laurent et les monts Chic-Chocs.

C’est l’endroit où l’institution muséale Exploramer, la mer à découvrir a pignon sur rue. Sa mission consiste à sensibiliser les publics à la préservation et à la connaissance du milieu marin du Saint-Laurent. Depuis l’été 2009, Exploramer propose fourchette bleue, un programme qui vise la saine gestion des ressources marines du Saint-Laurent. Il encourage les consommateurs, les restaurateurs et les poissonniers du Québec à intégrer à leurs habitudes les nombreuses espèces comestibles, mais méconnues du Saint-Laurent, dans une perspective de développement durable et de protection de la biodiversité. Ste-Anne-des-Monts est aussi la porte d’entrée vers le parc national de la Gaspésie. Ce parc a été créé en avril 1937 dans le but de protéger de façon permanente la beauté du mont Albert et des monts McGerrigle le saumon de la rivière Sainte-Anne ainsi que le caribou de la Gaspésie. Les caribous montagnards de la Gaspésie, qui représentent le dernier vestige des populations qui occupaient jadis les provinces maritimes, accusent un déclin dangereux. Alors qu’ils étaient environ 150 il y a de cela 10 ans, les plus récents inventaires font état d’une « grande précarité », avec au mieux 50 bêtes dans le parc. Il s’agit des derniers représentants de cette espèce au sud du Saint-Laurent. On aime le travail d’Éric Deschamps, photographe de nature sauvage, qui a appris à rendre dans toute sa splendeur la beauté de la faune gaspésienne.

Protéger les cours d'eau

Avec les vagues de chaleur de plus en plus nombreuses, les feux de forêt qui se multiplient et le dernier rapport du GIEC qui est, avouons-le, plutôt déprimant, on pourrait être tenté de succomber au découragement. De se dire qu’il est trop tard pour changer les choses, que les gouvernements des puissances mondiales ne se tiendront jamais debout devant les grands pollueurs. Dernièrement, au Québec, nous avons pourtant eu la preuve que lorsque la population s’organise et qu’elle se fait entendre assez fort, c’est possible de réaliser de grandes choses. Trois lettres : GNL.

La virée du St-Laurent, pour moi, c’est aussi une preuve que c’est possible de faire les choses différemment, de prendre soin de notre environnement sans pour autant faire des compromis au niveau économique, et même au niveau du fun! Oui, c’est possible de parcourir notre beau grand territoire, de triper avec notre monde et de réduire notre empreinte carbone. Vous ne le saviez peut-être pas quand vous avez décidé d’embarquer sur votre voilier pour la première fois, mais votre aventure est un magnifique exemple de transition juste. Lorsqu’on va me dire qu’il ne faut pas respecter l’environnement au détriment de l’économie, je vais avoir une petite pensée pour cette tournée novatrice qui nous prouve que l’un n’exclut pas l’autre.

Vous profiterez d’ailleurs de votre passage dans différentes régions du Québec pour aborder dans votre carnet de bord plusieurs enjeux environnementaux relatifs aux lieux que vous visiterez. De la Gaspésie jusqu’au Havre St-Pierre, en passant par le Bic et Rimouski, je vous invite à aborder les sujets suivants, qui me tiennent à cœur, avec les personnes que vous croiserez:

L’accès aux plans d’eau : On l’a vu cet été, il est devenu de plus en plus difficile pour beaucoup de Québécoises et Québécois d’avoir accès gratuitement à nos lacs. Avec la ruée vers les chalets, une partie de la population peut de moins en moins profiter d’une de nos plus grandes richesses : les plans d’eau! On pourrait s’inspirer d’endroits comme la Suède pour permettre au plus grand nombre de bénéficier d’un accès minimal à nos lacs et nos rivières, mais aussi à notre fleuve. L’allemansrätt suédois est un bon exemple de « droit de tout un chacun » de profiter du territoire qu’il habite.

L’Observatoire international des droits de la nature s’est d’ailleurs penché sur la question depuis quelques années, et a publié un ouvrage très intéressant sur la question intitulé « Une personnalité juridique pour le fleuve St-Laurent et les fleuves du monde ». En février 2021, la rivière MagPie/Muteshekau Shipu a obtenu un statut de « personne juridique », la protégeant ainsi des développements hydro-électriques, par exemple. Ultimement, un groupe de riverains ambassadeurs du fleuve pourrait protéger ce cours d’eau devant un tribunal, si son intégrité était menacée!

Des aires protégées ont été créées dans l’estuaire du St-Laurent en septembre 2020, grâce à l’intervention de plusieurs groupes écologistes, dont SNAP Québec. On l’a vu cet été encore avec les escapades de bélugas jusqu’à l’Île-du-Prince-Édouard; il suffit de peu pour que la faune décide elle aussi de faire une petite virée du St-Laurent! Les animaux n’ont pas à respecter les limites des aires protégées; ainsi, les protections d’environnements naturels doivent évoluer dans le temps et s’adapter aux comportements de la faune. Sur ce, je vous souhaite bien du plaisir, des rencontres enrichissantes et un bon vent!